Rencontres annuelles 2018 de l'École du Vivant -

Génération et re(-)génération 

Intervenants

Cliquez sur les noms soulignés pour en savoir plus. Le détail du programme par intervenant est affiché à la suite de la liste ci-dessous, et est complété au fur et à mesure.

 

Margaret Bridier

Psychologue, thérapeute psychocorporelle

Nicolas Supiot

Paysan-boulanger et chercheur en agroécologie

Lilian Ceballos

Pharmacologue et écologue, chercheur indépendant, formateur en agroécologie et phytothérapie, formateur  à l'Ecole Lyonnaise de Plantes Médicinales & des Savoir Naturels

Yann Olivaux

Biophysicien de formation, conférencier, chercheur indépendant et fondateur du Centre de Recherche et d’Information Indépendantes sur l’Eau

Marie-Christine Favé

Vétérinaire de formation, elle accompagne  depuis plus de 20 ans les personnes à construire l’équilibre comportemental et corporel de leurs animaux et à clarifier et faciliter la rencontre et la relation entre l’Homme et les Animaux. Ceci tant avec nos animaux de compagnie que les chevaux, animaux de fermes et aussi les animaux sauvages de notre quotidien ou des pays plus lointains. 

L'approche Animots-a-mi-mots ® propose d'aller à la rencontre des animaux sauvages ou domestiques, qui nous habitent, nous animent et nous accompagnent parfois furtivement dans notre quotidien. Ceci en alliant des connaissances fondamentales reconnues dans le domaine des animaux et du développement humain ; des savoirs traditionnels et des approches sensorielles et sensibles du vivant.

www.animots-a-mi-mots.org

etreeeleveur.canalblog.com

James Restoux

éleveur, paysan-fromager, biodynamiste

Véronique Chable

généticienne et directrice de recherche en sélection participative à l'INRA

James Forest

Jardinier-cueilleur de simples, formateur  à l'Ecole Lyonnaise de Plantes Médicinales & des Savoir Naturels, boulanger et animateur au sein du  Réseau Semences Paysannes

Alain Divo

Éleveur, ornithologue, paysagiste, professeur en écopaysage et en agroécologie urbaine à Tecomah et à l'Institut Supérieur de l'Environnement

Miguel Neau

Botaniste-Ecologue, spécialiste des plantes bio-indicatrices, formateur et chercheur indépendant.

 

PRESENTATION DES INTERVENTIONS DE CHACUN-E

 

Margaret Bridier

L'expérience humaine des différentes "levées de dormance" ou germinations successives de l'être

 


Nicolas Supiot

Le processus de la germination et l'influence du milieu sur la régénération des semences

C'est un des thèmes les plus cruciaux à l'heure actuelle que nous pénétrerons cette année, au cœur du mystère le plus merveilleux qui tisse la trame du Vivant, qui se renouvelle et évolue continuellement !

 

Nous conjuguerons ce thème comme à notre habitude d'abord du point de vue sensible et de ce que nos perceptions nous révèlent, puis du point de vue des sciences humaines et des sciences naturelles : quels processus ont œuvré dans la nature depuis les origines, comment les comprenons-nous, et quelles sont les conséquences de la vision et des pratiques réductionnistes dominantes aujourd'hui, jusque dans les milieux de l'agriculture biologique, de thérapeutique au sens large et de la santé « naturelle » ?

 

Enfin, nous mettrons en commun les recherches et les pratiques visant à favoriser la génération et la régénération du Vivant dans le respect et la compréhension des processus écosystémiques dans lesquels ils opèrent, conditions fondamentales au développement d'êtres adaptés, adaptables et créatifs dans des écosystèmes imbriqués en perpétuelle évolution.

 

Les mystères des processus de la fécondation, de la dormance, de la levée de dormance et de l’embryogenèse dans leurs principes ne peuvent être réduits au concept de « matériel génétique » sans conséquence dans son application…

 

Les multiples facteurs intervenants dans ces moments cruciaux de la naissance et du développement des êtres vivants dans la nature ne peuvent être ignorés et réduits à des conditions de travail aseptisées, sans déterminer ces êtres à un contexte artificialisé, et les handicaper par ailleurs…

 

Nous en viendrons naturellement à questionner les conséquences des pratiques d'insémination artificielle et de traitement symptomatique des semences, et de partager des expériences et des pratiques qui suivent un tout autre chemin.

 

Ce chemin est à la fois celui de toujours, mais aussi celui d'aujourd'hui et de demain, car nul ne peut ignorer aujourd'hui les déséquilibres, la perte de biodiversité et les pollutions qu'il faut compenser, ni la nécessité d'innover.

 

Au regard de la compréhension du Vivant que nous offrent les connaissances très « pointues » des intervenants, nous verrons qu'il est possible de développer des pistes d'avenir en agroécologie et en thérapeutique en ce qui concerne le thème de nos rencontres.

 

Celles dont nous témoignerons ne sont ni passéistes même si elles se forgent dans l'évidence, ni futuristes car elles ne se nourrissent pas du désir de dominer et de manipuler, mais résolument sensibles, savantes et pratiques, puis mises à l'épreuve de l'analyse...

 

Dans l'enthousiasme de nous retrouver pour partager cette passion du Vivant qui nous anime,

Nicolas Supiot.

 

 
 

 

Lilian Ceballos

L'influence du milieu dans la fécondation et l'embryogénèse

Les êtres vivants ont tous la faculté de se reproduire par des mécanismes variables. De la reproduction asexuée des bactéries aux différentes formes de reproduction sexuée des organismes pluricellulaires, ces mécanismes assurent le renouvellement d’êtres vivants qui ne sont cependant pas identiques à leurs géniteurs. Cette variabilité intergénérationnelle est capitale pour l’adaptation des organismes à un milieu toujours changeant.

 

Ces mécanismes d’embryogénèse et de développement sont soumis à des régulations subtiles dont nous ignorons l’essentiel (par exemple, le rôle de l’épigénétique dans la régulation de l’expression des gènes). L’artificialisation des milieux qui préside dans l’agriculture et l’appropriation par les généticiens du « matériel génétique » des êtres vivants conduit à une impasse évolutive : les organismes prétendument « améliorés » se révèlent souvent handicapés, voire inadaptés à leur milieu.

 

Au-delà des errements de la science, il convient aussi d’interroger nos conceptions idéologiques voire religieuses qui ont trop souvent imposé une vision erronée du Vivant. En quoi peut-on parler d’Amélioration des organismes vivants ? Par rapport à quels critères ? S’il y a amélioration de tel caractère, quelles en sont les conséquences sur le fonctionnement global de l’organisme « amélioré » ?

 

La reproduction des êtres vivants et l’adaptation de ces organismes à leur milieu ne peuvent se résumer à une mécanique déterminée par de prétendus « programmes génétiques » : au contraire, l’évolution du vivant et son adaptation aux changements sont contingents d’un environnement complexe qui ne peut se réduire à une artificialisation caractérisée par la maîtrise de l’homme sur le vivant.

 

Marie-Christine Favé

Les animaux qui nous accompagnent au temps présent :

fruits des générations passées & germes des générations futures

GENERATION ET RE-GENERATION AU FIL DES TEMPS

 

De taille modeste, de robe bicolore, la vache Bretonne Pie Noire

met en valeur des landes d’ajonc de Broceliande,

De haute stature, ses cornes en lyre ou en spirale, et sa robe acajou, au poil légèrement frisé, la vache Salers surplombe les monts du Cantal.

Robe froment, sabots noirs et luisants, la vache Jersiaise,

excellente laitière vient de l’ile de Jersey.

Le pas nonchalant, arborant sa bosse et son imposante encornure le zebu chemine en grands troupeaux dans les régions arides.

 

Tous si différents dans leurs morphologies que dans leurs comportements et aptitudes .. et pourtant, tous issus de L’auroch, Bos taurus primigenius, ancêtre commun et de sa rencontre avec les humains, il est bien longtemps.

 

Au gré des lieux et des climats ;

Au gré de l’Histoire et de l’évolution des populations humaines et animales ;

Au fil des générations pour une race choisie par un groupe d’humains;

A l’échelle d’un territoire pour une lignée ;

Au sein d’un troupeau, d’un domaine avec l’éleveur ;

Dans “l’intérieur” d’une mère ou d’un coquille, lors de la vie embryonnaire.

 

Au fil des générations, des régénérations, les animaux ont évolué et évoluent au gré des territoires, de la grande Histoire commune de l’humanité, de leur histoire de race et de leur maturation embryonnaire individuelle avec les humains et sociétés humaines.

Le compagnonage avec les humains, les a modelé alliant l’oeil et le choix de l’éleveur et la propre adaptation de l’animal à son milieu de vie et au mode de vie proposé.

GENERATIONS : quid du GENE : DETERMINATION OU ORIENTATION ?

Découvrant le gène, l’homme a cru pouvoir comprendre et maîtriser la fertilité, la reproduction, la génèse de la vie.

Et pourtant …

“Le boeuf Gallion a la génétique des meilleurs vache et taureau de traction et pourtant, il ne développe pas les aptitudes”

“La vache Prunelle qui descend d’une lignée de vaches peu maternelles et elle est très maternelle avec ses veaux”.

“La jument pur sang arabe a préféré l’âne à l’étalon de sa race pour engendrer un mulet aujourd’hui très précieux dans cet élevage”

“ Paul a choisi un chien et une chienne très doués pour garder les troupeaux et leur petit, Merlin, n’a pas d’aptitude de berger avec les brebis”

“ Ce taureau Goliath très petit, que je ne pensais garder dit l’éleveur est bienvenu et apporte beaucoup au sein du troupeau”.

 

Autant de réalités du quotidien qui montrent les limites des interventions et les ressources du vivant pour déjouer les manipulations et programmations des humains.

Construire, façonner un animal un troupeau à son image sans passer par les laboratoires ni les éprouvettes. Quand l’oeil et le projet partagé de l’éleveur avec ses animaux est plus juste que le laboratoire ? Dans les campagnes françaises, je rencontre des animaux et des troupeaux modelés à leur façon, leur pâte, signature de l’éleveur.

 

GENERATION ET RE-GENERATION INTERIEURES

Un oeuf qui après des “générations” de multiplications, de différenciations et de maturation deviendra veau, poulain, grillon ou rouge-gorge, …

Le processus de l’embryogénese et de l’être vivant qui nait à la vie garde une part de mystère. Pleinement dans son présent à vivre, le veau, poulain agneau ou autre nouveau né est l’expression des multitudes de générations passées et germe des générations à venir.

Les connaissances scientifiques nouvelles sont pleines de possibles elles nous confirment dans la vie d’être éleveur. Tout n’est pas programmé, n’est pas une fatalité. C’est de l’alliance entre les animaux et les humains que les générations d’animaux et de troupeaux de demain peuvent émerger.

Pour le reste, ce n’est pas dans les lectures que cela s’apprend mais dans les prés, avec les animaux, au quotidien que cela se vit et s’expérimente.

 

Un temps d’observation des animaux de la ferme de Brambéac, en immersion dans les troupeaux et plus largement de la nature du domaine, et un temps d’apports de connaissances.

Vous sont proposés lors des

RENCONTRES 2018 de l’ECOLE DU VIVANT

Yann Olivaux

EAU ; genèse et morphogenèse végétale

L’eau joue un rôle prépondérant dans le continuum de la vie d’une plante ; de la germination de la graine à la fructification.

L’imbibition d’une graine combinée à d’autres facteurs (température, lumière, oxygène principalement) entraîne sa levée de dormance. En effet, à l’état de semence, l’activité métabolique est suspendue en raison notamment de son état anhydre. L’apport en eau va permettre d’éliminer les substances inhibitrices de la germination et une mise en solution des molécules organiques et minérales permettant le démarrage des activités biochimiques et cellulaires.

 

De plus, un végétal comme tout organisme vivant est avant tout un être essentiellement hydrique puisque composé de plus de 99 % de molécules d’eau. En termes de structure, c’est donc l’eau qui donne forme au vivant.

Ainsi, l’eau participe d’une part à la genèse mais également à la morphogenèse du monde végétal.

Par ailleurs, il est pertinent de s’interroger sur les paramètres de qualité des eaux utilisées lors du processus de germination. Qu’en est-il de l’influence de paramètres comme le pH, le Potentiel d’oxydo-Réduction, le rH2, la minéralité ainsi que certains procédés de dynamisation de l’eau (vortex, électromagnétisme, ondes de forme…) ?

Cet exposé (théorie) qui tentera d’apporter des éléments d’informations et de réflexions sera complété par un atelier (pratique) sur des essais de germination de graines avec quelques eaux dynamisées.

 
 

 

James Restoux

La reproduction et la sélection dans un élevage en biodynamie

 

 

Véronique Chable

Régénérer le message des pionniers de la bio, pour une agriculture fondée sur le vivant

 

L’agriculture biologique, la « bio » pour les familiers, est l’objet de toutes les convoitises puisqu’elle représente un secteur avec une croissance économique rapide alors que tout s’effondre par ailleurs et que ses pratiques « sans pesticides » deviennent un référence pour une agriculture conventionnelle désorientée qui se voit pointée du doigt par ses pollutions multiples. La bio avait été conçue par les pionniers du XXe siècle pour arrêter le processus mortifère de l’agriculture chimique et industrielle portée par des sciences biologiques, agronomiques et génétiques, réduisant le vivant à du matériel. Ils proposaient de redonner la première place à la vie, pour nos campagnes, dans nos assiettes et dans notre vie sociale. La situation de la bio aujourd’hui est totalement paradoxale et sans précédent, elle demande à ses « artisans » conscients du contexte, une vigilance accrue et un renouvellement du discours pour maintenir le cap vers plus de vie. Tous les acteurs du monde économiques en reprennent le vocabulaire et verdissent de façon intensive leur façade pour soutenir une « bio industrielle ». Les sciences expérimentales appliquées aux vivants s’apprêtent à sortir des « solutions agro-écologiques » pire que les pratiques conventionnelles dans la négation du vivant (le bio-contrôle, les plantes et micro-organismes modifiées par le génie génétique, la robotisation…) en prétendant imiter le vivant.

Le défi d’aujourd’hui est de régénérer notre discours et nos actions sur et avec la « bio vivante » pour un public majoritairement citadin et naïf sur le vivant, de libérer les semences de façon plus intense et efficace, de redéployer la diversité de toutes les formes de vie, de soutenir le moral et l’enthousiasme des pionniers d’aujourd’hui, d’imaginer les bases sociales d’une économie compatible avec la vie, de gérer les appâts de tout ce monde dominant prêt à engloutir la bio. Et cerise sur le gâteau : nous devons faire vite. Rassurons-nous, nous avons une alliée infaillible, c’est Dame Nature qui s’emploie à remettre les pendules à l’heure.

 

James Forest

Atelier : préparations à base de plantes médicinales et lactofermentations au service de la régénération du Vivant.

 

Alain Divo

Témoignage d'éleveur, les "techniques de sélection" en question

 
 

 

Miguel Neau

Evolution et dévolution des sols en agriculture, quelles transitions possibles par la flore spontanée, pour une agriculture anentropique ?
 

Invitation à poser un autre regard sur la flore spontanée des champs et des prairies.

A travers la notion de bio-indication, l'attention données aux plantes sauvages progresse chez les agriculteurs. Cet intérêt grandissant réside d'abord dans les indications et les renseignements que cela nous donne sur les sols...
Mais cette flore peut sans doute apporter plus que cela si nous l'observons d'un peu plus près... Elle est souvent un remède aux carences et aux blocages des sols, apportant par sa présence des solutions, plutôt des solutés d'éléments, qui une fois mis en circulation ou bien précipités permettent de poursuivre les évolutions écologiques vers lesquelles tend tout écosystème, à la recherche d'un équilibre entre les grandes influences terrestres et cosmiques.


L'écosystème agricole, fruit des ingrédients climatique, géologique et humain peut aussi tendre vers une stabilité relative (anentropie), tout en étant productif, et ce par l'expression des forces du vivant .
Pour cela, il importe de préciser la dose d'agir et de non-agir, pour une mise en circulation optimale des fluxs du sol. En s'inspirant des plantes spontanées et de leurs milieux, en comprenant mieux leur place et leur fonctionnement subtil (le geste), il est possible de libérer ces forces agissantes pour l'agriculture.
L'étude dans sa globalité de cette flore peut être riche d'enseignements, de nouvelles pistes de travail peuvent s'envisager dans nos pratiques paysannes pour la culture de nos plantes, la régénération de nos sols et le retour de la biodiversité dans les fermes.

Ecosite les jardins de siloé - 02 90 89 49 87 - ecositelesjardinsdesiloe@gmail.com