Rencontres annuelles 2018 de l'École du Vivant -

Génération et re(-)génération

Les rencontres annuelles 2018 de l'Ecole du Vivant ont pour thème : "génération et re(-)génération"

Elles se dérouleront du 10 au 12 mai 2018 à la ferme "Les Jardins de Siloé"

à Brambéac, 35330 Val d'Anast (anciennement Maure-de-Bretagne)

Ci-dessous quelques mots de Nicolas Supiot, Lilian Ceballos et Marie-Christine Favé pour en présenter l'esprit.  

Nicolas Supiot :

C'est un des thèmes les plus cruciaux à l'heure actuelle que nous pénétrerons cette année, au cœur du mystère le plus merveilleux qui tisse la trame du Vivant, qui se renouvelle et évolue continuellement !

 

Nous conjuguerons ce thème comme à notre habitude d'abord du point de vue sensible et de ce que nos perceptions nous révèlent, puis du point de vue des sciences humaines et des sciences naturelles : quels processus ont œuvré dans la nature depuis les origines, comment les comprenons-nous, et quelles sont les conséquences de la vision et des pratiques réductionnistes dominantes aujourd'hui, jusque dans les milieux de l'agriculture biologique, de thérapeutique au sens large et de la santé « naturelle » ?

 

Enfin, nous mettrons en commun les recherches et les pratiques visant à favoriser la génération et la régénération du Vivant dans le respect et la compréhension des processus écosystémiques dans lesquels ils opèrent, conditions fondamentales au développement d'êtres adaptés, adaptables et créatifs dans des écosystèmes imbriqués en perpétuelle évolution.

 

Les mystères des processus de la fécondation, de la dormance, de la levée de dormance et de l’embryogenèse dans leurs principes ne peuvent être réduits au concept de « matériel génétique » sans conséquence dans son application…

 

Les multiples facteurs intervenants dans ces moments cruciaux de la naissance et du développement des êtres vivants dans la nature ne peuvent être ignorés et réduits à des conditions de travail aseptisées, sans déterminer ces êtres à un contexte artificialisé, et les handicaper par ailleurs…

 

Nous en viendrons naturellement à questionner les conséquences des pratiques d'insémination artificielle et de traitement symptomatique des semences, et de partager des expériences et des pratiques qui suivent un tout autre chemin.

 

Ce chemin est à la fois celui de toujours, mais aussi celui d'aujourd'hui et de demain, car nul ne peut ignorer aujourd'hui les déséquilibres, la perte de biodiversité et les pollutions qu'il faut compenser, ni la nécessité d'innover.

 

Au regard de la compréhension du Vivant que nous offrent les connaissances très « pointues » des intervenants, nous verrons qu'il est possible de développer des pistes d'avenir en agroécologie et en thérapeutique en ce qui concerne le thème de nos rencontres.

 

Celles dont nous témoignerons ne sont ni passéistes même si elles se forgent dans l'évidence, ni futuristes car elles ne se nourrissent pas du désir de dominer et de manipuler, mais résolument sensibles, savantes et pratiques, puis mises à l'épreuve de l'analyse...

 

Dans l'enthousiasme de nous retrouver pour partager cette passion du Vivant qui nous anime,

Nicolas Supiot.

Lilian Ceballos :

Les êtres vivants ont tous la faculté de se reproduire par des mécanismes variables. De la reproduction asexuée des bactéries aux différentes formes de reproduction sexuée des organismes pluricellulaires, ces mécanismes assurent le renouvellement d’êtres vivants qui ne sont cependant pas identiques à leurs géniteurs. Cette variabilité intergénérationnelle est capitale pour l’adaptation des organismes à un milieu toujours changeant.

 

Ces mécanismes d’embryogénèse et de développement sont soumis à des régulations subtiles dont nous ignorons l’essentiel (par exemple, le rôle de l’épigénétique dans la régulation de l’expression des gènes). L’artificialisation des milieux qui préside dans l’agriculture et l’appropriation par les généticiens du « matériel génétique » des êtres vivants conduit à une impasse évolutive : les organismes prétendument « améliorés » se révèlent souvent handicapés, voire inadaptés à leur milieu.

 

Au-delà des errements de la science, il convient aussi d’interroger nos conceptions idéologiques voire religieuses qui ont trop souvent imposé une vision erronée du Vivant. En quoi peut-on parler d’Amélioration des organismes vivants ? Par rapport à quels critères ? S’il y a amélioration de tel caractère, quelles en sont les conséquences sur le fonctionnement global de l’organisme « amélioré » ?

 

La reproduction des êtres vivants et l’adaptation de ces organismes à leur milieu ne peuvent se résumer à une mécanique déterminée par de prétendus « programmes génétiques » : au contraire, l’évolution du vivant et son adaptation aux changements sont contingents d’un environnement complexe qui ne peut se réduire à une artificialisation caractérisée par la maîtrise de l’homme sur le vivant.

Marie-Christine Favé :

Les animaux qui nous accompagnent au temps présent :

fruits des générations passées & germes des générations futures

GENERATION ET RE-GENERATIONS AU FIL DES TEMPS

 

De taille modeste, de robe bicolore, la vache Bretonne Pie Noire

met en valeur des landes d’ajonc de Broceliande,

De haute stature, ses cornes en lyre ou en spirale, et sa robe acajou, au poil légèrement frisé, la vache Salers surplombe les monts du Cantal.

Robe froment, sabots noirs et luisants, la vache Jersiaise,

excellente laitière vient de l’ile de Jersey.

Le pas nonchalant, arborant sa bosse et son imposante encornure le zebu chemine en grands troupeaux dans les régions arides.

 

Tous si différents dans leurs morphologies que dans leurs comportements et aptitudes .. et pourtant, tous issus de L’auroch, Bos taurus primigenius, ancêtre commun et de sa rencontre avec les humains, il est bien longtemps.

 

Au gré des lieux et des climats ;

Au gré de l’Histoire et de l’évolution des populations humaines et animales ;

Au fil des générations pour une race choisie par un groupe d’humains;

A l’échelle d’un territoire pour une lignée ;

Au sein d’un troupeau, d’un domaine avec l’éleveur ;

Dans “l’intérieur” d’une mère ou d’un coquille, lors de la vie embryonnaire.

 

Au fil des générations, des régénérations, les animaux ont évolué et évoluent au gré des territoires, de la grande Histoire commune de l’humanité, de leur histoire de race et de leur maturation embryonnaire individuelle avec les humains et sociétés humaines.

Le compagnonage avec les humains, les a modelé alliant l’oeil et le choix de l’éleveur et la propre adaptation de l’animal à son milieu de vie et au mode de vie proposé.

GENERATIONS : quid du GENE : DETERMINATION OU ORIENTATION ?

Découvrant le gène, l’homme a cru pouvoir comprendre et maîtriser la fertilité, la reproduction, la génèse de la vie.

Et pourtant …

“Le boeuf Gallion a la génétique des meilleurs vache et taureau de traction et pourtant, il ne développe pas les aptitudes”

“La vache Prunelle qui descend d’une lignée de vaches peu maternelles et elle est très maternelle avec ses veaux”.

“La jument pur sang arabe a préféré l’âne à l’étalon de sa race pour engendrer un mulet aujourd’hui très précieux dans cet élevage”

“ Paul a choisi un chien et une chienne très doués pour garder les troupeaux et leur petit, Merlin, n’a pas d’aptitude de berger avec les brebis”

“ Ce taureau Goliath très petit, que je ne pensais garder dit l’éleveur est bienvenu et apporte beaucoup au sein du troupeau”.

 

Autant de réalités du quotidien qui montrent les limites des interventions et les ressources du vivant pour déjouer les manipulations et programmations des humains.

Construire, façonner un animal un troupeau à son image sans passer par les laboratoires ni les éprouvettes. Quand l’oeil et le projet partagé de l’éleveur avec ses animaux est plus juste que le laboratoire ? Dans les campagnes françaises, je rencontre des animaux et des troupeaux modelés à leur façon, leur pâte, signature de l’éleveur.

 

GENERATION ET RE-GENERATIONS INTERIEURES

Un oeuf qui après des “générations” de multiplications, de différenciations et de maturation deviendra veau, poulain, grillon ou rouge-gorge, …

Le processus de l’embryogénese et de l’être vivant qui nait à la vie garde une part de mystère. Pleinement dans son présent à vivre, le veau, poulain agneau ou autre nouveau né est l’expression des multitudes de générations passées et germe des générations à venir.

Les connaissances scientifiques nouvelles sont pleines de possibles elles nous confirment dans la vie d’être éleveur. Tout n’est pas programmé, n’est pas une fatalité. C’est de l’alliance entre les animaux et les humains que les générations d’animaux et de troupeaux de demain peuvent émerger.

Pour le reste, ce n’est pas dans les lectures que cela s’apprend mais dans les prés, avec les animaux, au quotidien que cela se vit et s’expérimente.

 

Un temps d’observation des animaux de la ferme de Brambéac, en immersion dans les troupeaux et plus largement de la nature du domaine, et un temps d’apports de connaissances.

Vous sont proposés lors des

RENCONTRES 2018 de l’ECOLE DU VIVANT

Ecosite les jardins de siloé - 02 90 89 49 87 - ecositelesjardinsdesiloe@gmail.com